Colibri sur sa branche

Un colibri, sur sa branche, qui « pose » littéralement pour l’objectif. Mais ça n’a pas été aussi simple … et l’histoire qui suit en témoigne !

Tout d’abord, pour des infos plus détaillées sur ces oiseaux hors norme, vous pouvez vous rendre sur cet article.

Cette photo a été réalisée en 2007 au jardin de balata. Autant le dire de suite, je n’étais pas parti pour shooter un colibri ou un quelconque autre animal. Non, mon objectif était spécifiquement des photos en macro sur les fleurs splendides dont regorge ce lieu exceptionnel. Malheureusement, ce satané oiseau en avait décidé autrement et, au final, je n’ai ramené que très peu de photos de fleurs tropicales…

J’étais arrivé depuis une petite demi-heure et je faisais tranquillement mon petit tour de reconnaissance lorsque Maurice (oui, comme on est devenus intimes, je lui ai trouvé un nom !) a failli me percuter lors d’un passage en rase motte, manifestement pas particulièrement bien maitrisé. Je me demande encore, d’ailleurs, ce qui a bien pu l’amener à voler de cette manière, à cet endroit et à ce moment là. Mais il semble que l’esprit du colibri soit insondable. 

 D’entrée, j’ai compris  que cet oiseau de malheur allait me porter la poisse. Un chat noir version colibri, il ne manquait plus que ça ! Après ce premier contact, Maurice a décidé d’approfondir nos relations et s’est mis en tête de voir ce qu’il y avait à l’intérieur de mon Nikkor 17/55. Je savais le colibri curieux, mais je ne l’imaginais pas aussi téméraire pour simplemen assouvir cette curiosité. Donc, dès que je prenais mon boitier en main et que je voulais cadrer quelque chose qui m’intéressait, l’autre dingue venait se caller tranquillement, en vol stationnaire, devant ma lentille frontale. Autant dire que réaliser une photo digne de ce nom dans ces conditions relevait du miracle. Et il n’a pas eu lieu, du moins pas pour les fleurs.

Voyant son entêtement et mon incapacité chronique à me faire respecter, j’ai décidé de changer mon fusil d’épaule (c’est une image hein ! quoique, à ce moment là, si j’avais eu un fusil dans les mains …) et prendre l’impudent à son propre jeu : puisqu’il s’obstinait à vouloir être devant l’objectif, il allait devoir assumer et jouer correctement son rôle de modèle. Mais une autre des caractéristiques du colibri semble être son absence quasi totale de bonne volonté ! Je change donc d’outil pour monter un téléobjectif 70/200 sur mon boitier, histoire de le shooter même s’il s’éloigne un peu. Ca a dû le stresser parce qu’il a instantannément mis une certaine distance entre lui et ce gros cylindre menaçant. Et, comme il avait, décidemment, l’esprit retord, il prenait un malin plaisir à s’envoler dès que je m’apprêter à le cadrer. Le cirque a duré près d’une heure. Oui, une heure à me débattre avec un animal de quelques malheureux centimètres et avec un cerveau plus petit qu’un noyau de cerise qui avait décidé, ce matin là, en se réveillant, qu’il allait emmerder le premier photographe qu’il allait croiser ! Pas de bol, c’est tombé sur moi…

Et puis, le miracle a finit par se produire. Enfin, pas immédiatement. Comme il semblait prendre un certain plaisir à me narguer, il a ensuite accepté de rester statique mais totalement à contre jour. Dès que je me déplaçais pour trouver un angle plus favorable, il se déplaçait aussi pour se poser pile poil dans l’axe du soleil. C’en était trop pour moi, et dans un élan de colère mal dissimulé, j’ai décidé de tout ranger, de rentrer à la maison et de me saouler toute la soirée pour oublier cet épisode dont je n’étais pas fier. A peine mon fourre-tout ouvert et posé par terre, Maurice (peut-être dans un élan de sympathie bien incompréhensible, à moins qu’il n’ait fini par avoir pitié de moi) est venu se poser sur LA branche idéale : à 15m de moi, légèrement en hauteur, avec un fond éclairé par un soleil commençant a avoir une lumière un peu plus chaude. Bref, la situation idéale pour tout photographe voulant faire ce genre d’image. Et non content de rester là tranquilement pendant que je réglais mon boitier, il pris la pose en se tournant légèrement. Je n’ai pas tergiversé et j’ai déclanché.

Finalement, la peur de le rater m’a fait faire un choix technique (sacrifier la vitesse au profit de l’ISO) délicat qui a fait perdre à l’image une partie de son potentiel avec un très léger flou de bougé. Mais qu’importe, j’ai fini par vaincre l’animal. A moins que ce ne soit lui qui ait gagné, en fait …

Exif : iso 400, f2./8, 1/60s
Nikon D300, Nikkon 70/200 (200mm)

Géolocalisation :

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3 Réponses to “Colibri sur sa branche”

  1. Niko dit :

    Dis Olive tu me montrera ton noyau que je vois à quoi peut ressemble le cerveau de Maurice ^^

  2. Bonjour
    il y a quelque années quand j’ai commencé dans la pub le colibri etait mon totem
    ne me demandé pas pourquoi je ne me rappel plus
    voili voilou pour la petite histoire
    christ

  3. Nicolas dit :

    La photo est vraiment très belle, vu la vitesse de déplacement d’un colibri on n’a malheureusement pas le temps de réfléchir: prendre la photo ou non, après si elle est réussie c’est un plus.

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